jeudi 2 janvier 2014

Piscines publiques, apnée interdite !

Pourquoi les exploitants et les MNS sont-ils si rigoureux en ce qui concerne l'interdiction de la pratique de l'apnée, qu'elle soit statique (immobile) ou dynamique (mobile) ?


La syncope anoxique constitue le premier risque auquel s'expose l'apnéiste et son mécanisme n'est pas connu de tous. La syncope peut se définir comme une perte de connaissance consécutive à une hypoxie entrainée, dans le cas de l'apnée, par une interruption volontaire de la respiration. En réalité, si elle est détectée à temps, la perte de connaissance n'est pas véritablement dangereuse pour l'apnéiste (au sens qu'elle n'entrainera pas de séquelle). Le vrai danger réside plutôt dans l’inspiration réflexe qui peut survenir lors du retour à la conscience, alors que la victime est encore immergée. Bien qu'ils existent, il est également nécessaire de souligner que la plupart des victimes de syncope à l'occasion de la pratique de l'apnée n'ont pas été en mesure d'identifier des signes pré-syncopaux. 

Concrètement, pourquoi l'apnée est interdite en piscine publique ?
  • Si pour les personnels de surveillance il est difficile de détecter la noyade pendant sa phase aérienne, de nombreuses études montrent qu'il est encore plus difficile de détecter un corps immergé.
  • Des témoignages de victimes indiquent l'absence de signe pré-syncopal lors de la pratique de l'apnée. La syncope est soudaine.
  • La syncope doit-être détectée très précocement, avant le retour de la conscience, pour éviter  l'inspiration réflexe en immersion et donc la noyade. 
  • Certains équipements sont pourvus d'un système de détection des noyades assisté par ordinateur, spécialement conçu pour détecter les corps immobiles : si elle n'était pas interdite, la pratique de l'apnée déclencherait le système de détection de manière intempestive.
  • Un apnéiste statique peut perturber la surveillance et stresser les personnels. En effet, il est difficile de distinguer un apnéiste statique d'un noyé. 
L'apnée doit être pratiquée - a minima - en binôme (un membre du binôme supervise l'apnéiste et vice-versa). Au "cas par cas", l'apnée pourra être pratiquée en piscine publique sous la surveillance individuelle d'un maître nageur. Pour les passionnés, il existe également des clubs affiliés à des structures fédérales où la pratique de l'apnée est encadrée lors de séances dédiées. 

Explications physiologiques sur les dangers de l'hyperventilation couplée à la pratique de l'apnée :